18 novembre 2017

Nouvelles

La traduction touristique ou le piège du ciblage linguistique

Pour plusieurs régions du Québec, le développement économique est intrinsèquement lié au développement de l’offre touristique. Chaque année, les régions du Québec déploient énormément d’efforts dans le but de définir les offres et de les faire connaître tant auprès des autres régions qu’à l’extérieur du Québec.

Le choix des langues de communication

Il est primordial de développer des outils d’information et de promotion touristique dans au moins deux langues. Au Canada, le choix des langues officielles se fait quasi naturellement, et on le comprend. Cependant, il est important de distinguer le choix des langues de communication pour les efforts de développement intra-Québec et extra-Québec.

Si, par exemple, nous voulions vendre au Mexique un produit touristique québécois précis, ou même l’offre touristique en général, il serait nécessaire d’adapter le message à la culture et à la réalité géolinguistique de la région ciblée. Ainsi, le choix des mots en espagnol serait différent selon que nous nous adressons à des Mexicains, à des Argentins ou à des Espagnols. Les efforts de communication hors Québec doivent relever leur degré de connaissance culturelle afin de s’adapter à la culture ciblée.

Il n’est pas rare de retrouver, dans les guides touristiques et autres documents imprimés, des envolées littéraires quasi poétiques où les mots choisis s’adressent à des personnes ayant une connaissance approfondie des nuances et des richesses linguistiques de l’anglais.

Les visiteurs allemands, polonais ou japonais, par exemple, attirés chez nous notamment par le fait français – mais qui ne le parlent pas –, ne s’étonnent pas de trouver toute la documentation dans cette langue; cependant, lorsqu’ils ont besoin d’information, ils se tournent presque toujours vers la documentation anglaise, et ce, même s’ils en ont une connaissance souvent imparfaite.

Par Gilbert Mercure